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Le premier test d’IA générative s’est bien passé dans un service, et la question arrive vite : que fait-on ensuite, dans quel ordre, avec quel budget ? Une feuille de route IA, ou roadmap IA, répond à cette question sur une page. Elle dit quels services seront équipés, à quel trimestre, avec quelle formation, et à quel moment la direction décide de continuer ou de s’arrêter. Cet article propose un modèle sur douze mois, la méthode pour le remplir et un exemple chiffré dans une entreprise de 85 salariés.
Il prolonge notre guide stratégie IA en entreprise, qui décrit les six chantiers d’un déploiement et les cinq étapes du premier test. Ici, nous plaçons ces chantiers dans un calendrier. Le choix des tâches à confier à l’IA est traité dans cartographier les cas d’usage de l’IA, et la décision d’étendre un test dans POC IA : passer du pilote à la production.
En bref
Une feuille de route IA est un document daté qui répartit dans le temps les actions d’un déploiement : qui est équipé, quand, avec quelles règles, quelle formation et quelle mesure. Le mot anglais roadmap désigne la même chose, et vous lirez aussi « plan IA ». Le document a un propriétaire, une date de version et un horizon. Nous retenons douze mois dans cet article.
Trois documents voisins lui ressemblent.
La stratégie IA dit pourquoi l’entreprise s’engage et ce qu’elle en attend : gagner du temps sur l’administratif, répondre plus vite aux clients, mieux exploiter ses documents. Elle tient en quelques phrases et change peu d’une année sur l’autre. La feuille de route dit comment on y va, trimestre par trimestre, et elle est révisée quatre fois par an.
La cartographie des cas d’usage est une liste classée des tâches où l’IA peut aider. Elle alimente la feuille de route, mais elle ne porte ni dates ni budget.
Le plan de projet détaille une action précise, avec ses tâches et ses responsables à la semaine. La feuille de route reste au niveau du trimestre et du service. Si elle descend à la semaine, elle devient trop longue pour être relue en réunion de direction.
L’usage de l’IA générative dans les entreprises françaises d’au moins 20 salariés reste « principalement limité ou expérimental », selon la Banque de France. Son enquête, menée du 25 février au 3 avril 2026 auprès de quelque 7 000 entreprises, décrit aussi ce que ces entreprises prévoient. « Un tiers des entreprises envisage une hausse de leurs investissements », écrit-elle, avec la volonté de passer « d’usages expérimentaux à des déploiements plus structurés ». La même enquête indique qu’« une nette majorité (60 %) des entreprises déclarant utiliser ou prévoir d’utiliser l’IA en 2026 » en attend un effet positif sur leur productivité.
Du côté des petites structures, le baromètre France Num 2026, publié le 28 septembre 2026 à partir de plus de 9 000 entreprises, montre que les projets ne manquent pas : 78 % des TPE et PME ont des projets numériques pour 2026-2027, soit 8 points de plus en un an. L’intelligence artificielle figure parmi les priorités citées (18 %), derrière la facturation électronique (39 %), l’achat de logiciels (26 %) et la formation (21 %). L’IA partage donc le temps et le budget de l’année avec d’autres chantiers. La feuille de route sert à arbitrer entre eux.
À l’échelle mondiale, l’enquête State of AI 2026 de McKinsey (1 719 répondants interrogés du 4 mai au 8 juin 2026, IA en général et pas seulement IA générative) va dans le même sens. Parmi les répondants dont l’organisation utilise l’IA dans au moins une fonction, 60 % s’attendent à une hausse de ses investissements dans l’IA au cours de l’année à venir. Et 28 % déclarent que leur organisation consacre déjà à l’IA plus de 10 % de son budget de technologies de l’information et de la communication. Quand les montants grossissent, un calendrier et des points d’arrêt deviennent nécessaires.
Le calendrier réglementaire donne une dernière raison. Les règles du règlement européen sur l’IA applicables aux systèmes utilisés dans certains domaines à haut risque, dont l’éducation et l’emploi, « s’appliqueront à partir du 2 décembre 2027 », indique la Commission européenne. Une feuille de route écrite fin 2026 couvre donc l’année qui précède cette échéance. Si l’un de vos cas d’usage touche au recrutement ou à l’évaluation des salariés, la vérification doit figurer dans le calendrier. Notre calendrier de l’AI Act détaille les dates.
Le modèle que nous proposons croise les six chantiers de notre guide (cas d’usage, outil et données, pilotage, salariés, formation, mesure) avec les quatre trimestres de l’année. Chaque case contient un jalon, c’est-à-dire un résultat vérifiable à une date. Une ligne supplémentaire, en bas, porte les décisions.
Le guide explique ce que contient chaque chantier. Nous indiquons ici comment chacun se répartit sur l’année.
La ligne des cas d’usage donne le rythme à toutes les autres. Au premier trimestre, elle contient le test : trois ou quatre tâches dans un service volontaire. Aux deuxième et troisième trimestres, elle étend ces tâches aux services voisins et en ajoute quelques-unes. Au quatrième, elle prépare la liste de l’année suivante.
L’unité de la ligne est la vague : un groupe de services qui démarrent ensemble. Comptez une vague par trimestre. Deux vagues dans le même trimestre chargent les référents et brouillent la mesure, car on ne sait plus quel service explique quel résultat.
L’outil et la règle sur les données se décident au premier trimestre, et la ligne reste calme ensuite. Les extensions d’accès suivent les vagues. Les connexions aux logiciels de l’entreprise (messagerie, gestion commerciale, base documentaire) viennent en seconde partie d’année, une fois que les usages simples sont installés et que les droits d’accès ont été revus. Pour le choix de l’outil, notre grille d’audit en 12 points donne les critères.
Au premier trimestre, la ligne contient des noms : le membre de la direction qui porte le sujet et arbitre les budgets, le référent qui tient la liste des outils et des cas d’usage, et les participants du groupe mensuel. Ensuite, elle contient un rythme : une réunion par mois, et une revue de la feuille de route à chaque fin de trimestre. Notre article comité IA et Chief AI Officer décrit la composition du groupe selon la taille de l’entreprise.
C’est aussi dans cette ligne que se placent la validation de la charte d’usage de l’IA et la vérification réglementaire des cas d’usage sensibles.
L’information des représentants du personnel se place avant le premier test, puis avant chaque vague qui modifie les conditions de travail d’un service. La ligne prévoit aussi un point d’étape avec les équipes concernées, à mi-vague. Les obligations et la méthode sont décrites dans conduite du changement IA.
Une règle simple pour remplir la ligne : aucune vague ne démarre sans que le service ait été prévenu au moins deux semaines avant, par son manager.
La formation suit les vagues, avec un décalage de quelques jours au plus. Une formation donnée trois mois avant l’ouverture des accès risque d’être oubliée. Donnée trois mois après, elle arrive quand les mauvaises habitudes sont prises. La direction, les managers et l’équipe du test passent en premier, puis le socle commun et les utilisateurs de chaque vague, puis les référents. Le détail des niveaux et des durées figure dans notre plan de formation IA.
Pour tenir ce calage, réservez les dates dès que la vague est décidée. Nous proposons des sessions d’IA générative calées sur votre calendrier de déploiement, sur les documents de chaque service.
Chaque vague commence par un point de départ (combien de temps prennent aujourd’hui les tâches visées) et se termine par un relevé. Le premier mois donne une tendance. Pour décider d’étendre, laissez tourner douze semaines : c’est la durée que nous retenons dans notre méthode de calcul du ROI de l’IA générative. Au quatrième trimestre, la ligne contient le bilan de l’année et le budget de la suivante.
La dernière ligne est la plus courte, et celle qu’on oublie facilement. À la fin de chaque trimestre, le groupe de pilotage tranche : étendre, corriger ou arrêter. La date de cette réunion est fixée dès le départ et ne bouge pas. Une feuille de route sans date de décision devient une liste de souhaits.
Avant de planifier, faites l’inventaire. Quels outils d’IA sont déjà utilisés, payés ou non ? Par qui ? Sur quelles tâches ? Une partie de ces usages n’a peut-être jamais été déclarée, et notre article sur le shadow IA explique comment les faire remonter sans sanctionner. Ajoutez les autres projets de l’année : changement de logiciel de gestion, facturation électronique, déménagement, pic saisonnier. La feuille de route IA se glisse dans ce calendrier, elle ne le remplace pas.
Pour aller vite, demandez à chaque responsable de service de répondre par écrit à trois questions : quels outils, quelles tâches, quelles périodes de l’année à éviter.
Trois objectifs suffisent, et chacun doit pouvoir se vérifier en décembre. Par exemple :
Les seuils de cet exemple sont des repères, pas des normes. Fixez-les avec les responsables de service, qui savent ce qui est atteignable. Un objectif que personne ne croit tenable n’oriente rien.
L’ordre des vagues se décide avec trois critères, dans cet ordre.
Le premier est la proximité avec le test. Les services qui font des tâches voisines de celles du test (rédiger, résumer, répondre à des demandes) passent en premier, parce que les consignes et les modèles de prompts se réutilisent.
Le deuxième est la disponibilité. Un service en clôture comptable ou en pleine saison n’aura pas la tête à apprendre. Placez sa vague au trimestre où il respire.
Le troisième est la sensibilité des données. Les services qui manipulent des données de santé, des dossiers disciplinaires ou des informations couvertes par un secret passent plus tard, quand la règle des données a été éprouvée ailleurs.
Les métiers qui ne travaillent pas sur écran (atelier, entrepôt, chantier) viennent en dernier ou l’année suivante. Leur cas mérite un examen à part : l’outil, le moment de la journée et les tâches ne sont pas les mêmes.
Une fois les vagues posées, le chiffrage se déduit presque mécaniquement : nombre d’utilisateurs par trimestre, jours de formation, heures de réunion. Nous détaillons le calcul plus bas. La feuille de route chiffrée est ensuite présentée à la direction pour validation, puis aux représentants du personnel dans les entreprises concernées.
Prenons une entreprise de distribution professionnelle de 85 salariés. Elle compte 9 personnes à l’administration des ventes, 14 commerciaux, 4 personnes au marketing, 6 en comptabilité, 3 aux ressources humaines, 5 aux achats, 4 à la direction et 40 à la logistique, dont 5 chefs d’équipe. L’exemple est illustratif : il montre la mécanique, pas des résultats observés.
Le test se déroule à l’administration des ventes, sur trois tâches : répondre aux demandes de délai, résumer les échanges avant un appel client, mettre en forme les comptes rendus de réclamation. Les neuf personnes du service sont équipées et formées. La direction et les managers suivent leur session au même moment, pour comprendre ce qu’ils auront à décider.
Les jalons du trimestre : outil retenu, règle des données écrite, représentants du personnel informés, point de départ mesuré sur les trois tâches. Les étapes du test lui-même sont décrites dans notre guide.
Décision de fin de trimestre : le test a-t-il produit un gain mesurable et les règles ont-elles tenu ? Si oui, la vague suivante est confirmée.
Les commerciaux et le marketing (18 personnes) rejoignent le dispositif, ce qui porte à 27 le nombre de salariés équipés. Leurs tâches ressemblent à celles du test : courriels, propositions, synthèses. Les modèles de prompts mis au point à l’administration des ventes sont repris et adaptés.
Le socle commun de deux heures est proposé à l’ensemble des 85 salariés, y compris ceux qui ne sont pas encore équipés. Ils entendent les mêmes règles que les autres et savent ce qui est prévu pour eux. La charte est validée ce trimestre.
Décision de fin de trimestre : les gains du test se confirment-ils sur un deuxième groupe ? C’est la question de la reproduction, que notre article sur le passage du pilote à la production traite en détail.
La comptabilité, les ressources humaines, les achats et la direction (18 personnes) sont équipés à leur tour : 45 salariés au total. Ces services arrivent en troisième position pour deux raisons. Leurs données sont plus sensibles, et la comptabilité était en clôture au trimestre précédent.
C’est aussi le moment des premières connexions aux logiciels de l’entreprise, en commençant par la base documentaire. Deux référents supplémentaires rejoignent le référent principal, et tous trois suivent la formation de deux jours pour répondre aux questions du quotidien. Aux ressources humaines, tout usage lié au recrutement est examiné au regard des niveaux de risque de l’AI Act avant d’être autorisé.
Décision de fin de trimestre : faut-il ouvrir la logistique cette année ?
Les cinq chefs d’équipe de la logistique sont équipés pour leurs tâches de bureau (plannings, consignes, comptes rendus), ce qui porte le total à 50 salariés sur 85. Les 35 préparateurs et caristes ne le sont pas cette année. Leur cas est inscrit dans la feuille de route de l’année suivante, avec une étude préalable.
Le trimestre est surtout consacré au bilan : relevés de chaque vague, coût réel comparé au budget, objectifs atteints ou non. La feuille de route de la deuxième année est rédigée en décembre. Si l’entreprise envisage alors des assistants capables d’enchaîner seuls plusieurs actions, ce sujet relève d’un autre chantier, celui des agents IA.
| Trimestre | Services qui entrent | Salariés équipés (cumul) | Décision de fin de trimestre |
|---|---|---|---|
| T1 | Administration des ventes | 9 | Confirmer la vague 2 |
| T2 | Commerce, marketing | 27 | Les gains se reproduisent-ils ? |
| T3 | Comptabilité, RH, achats, direction | 45 | Ouvrir la logistique ? |
| T4 | Chefs d’équipe de la logistique | 50 | Feuille de route de l’an 2 |
Le budget d’une feuille de route IA a trois lignes : les licences, le temps interne et les achats extérieurs (formation, conseil). Reprenons l’exemple, avec des hypothèses à remplacer par les vôtres.
Les licences. Avec une hypothèse de 25 € HT par utilisateur et par mois, et une montée par vagues (9 utilisateurs pendant trois mois, puis 27, puis 45, puis 50, chaque vague étant comptée dès le début de son trimestre), on obtient 393 mois-utilisateur, soit 9 825 € HT sur l’année. Équiper les 50 salariés dès janvier aurait coûté 15 000 € HT. La montée par vagues retarde une partie de la dépense, et elle évite de payer des accès que personne n’utilise encore.
Le temps interne. C’est la ligne la plus lourde et la moins visible.
| Poste | Calcul | Heures |
|---|---|---|
| Référent principal | 4 h par semaine × 46 semaines | 184 |
| Groupe de pilotage | 8 personnes × 1 h 30 × 10 réunions dans l’année | 120 |
| Socle commun | 85 salariés × 2 h | 170 |
| Formation des utilisateurs | 50 salariés × 7 h | 350 |
| Formation des managers | 8 managers × 7 h | 56 |
| Formation des référents | 3 référents × 14 h | 42 |
| Session de la direction | 4 personnes × 3 h 30 | 14 |
| Total | 936 |
À 45 € de coût horaire chargé, l’hypothèse que nous utilisons aussi dans notre article sur le ROI, ces 936 heures représentent 42 120 €. C’est un peu plus de quatre fois le montant des licences. Les durées de formation reprennent les repères de notre plan de formation IA, et la réunion mensuelle est comptée à 1 h 30, dans le haut de la fourchette.
Les achats extérieurs. Le coût des formations dépend du nombre de groupes et de la prise en charge par votre opérateur de compétences : demandez un devis et voyez notre article sur le financement OPCO d’une formation IA. Pour le cadrage, le plan national Osez l’IA propose aux PME et ETI de 10 à 2 000 salariés un Diagnostic Data IA : une prestation de 8 jours-hommes, au coût de 10 000 € HT, pris en charge à 40 % par France 2030, d’après la page du plan mise à jour le 28 septembre 2026. Il reste donc 6 000 € HT à la charge de l’entreprise. Ce diagnostic porte sur l’état des lieux, l’identification des cas d’usage et leur priorisation : il alimente une feuille de route, il ne la remplace pas.
Hors achats extérieurs, l’exemple aboutit à 51 945 € sur l’année, dont 81 % de temps interne. Ce total ne dit rien de la rentabilité, qui se calcule en face des gains mesurés. Il dit ce que la direction engage en validant la feuille de route, et il montre où se trouve le vrai coût : dans les agendas.
La présentation peut tenir en vingt minutes si le document répond à quatre questions : qu’est-ce qu’on fait cette année, qu’est-ce qu’on ne fait pas, combien cela engage, et quand peut-on arrêter. La deuxième question est la plus utile. Écrire noir sur blanc que les préparateurs de commandes ne seront pas équipés cette année, ou qu’aucun usage en recrutement n’est prévu, évite des mois de demandes dispersées.
Dans les entreprises d’au moins 50 salariés, le comité social et économique est informé et consulté sur l’introduction de nouvelles technologies (article L. 2312-8 du Code du travail). Présenter la feuille de route entière, plutôt que chaque vague isolément, donne aux élus une vue d’ensemble et leur permet de poser leurs questions une fois sur le calendrier, les services concernés et la formation. Les consultations propres à chaque projet restent dues quand les conditions de travail changent.
Les équipes, elles, reçoivent une version courte : quand vient leur tour, ce qui change pour elles, qui répond à leurs questions.
Sans révision, une feuille de route cesse vite de décrire ce qui se passe. La revue trimestrielle prend la place de la réunion mensuelle et suit toujours le même ordre :
Chaque revue produit une nouvelle version datée. Les anciennes versions sont conservées : elles montrent comment les décisions ont été prises, ce qui sert en cas de contrôle, de changement de direction ou de question d’un élu.
Une seule personne tient la feuille de route à jour : le référent principal. Elle n’en décide pas le contenu, elle en garantit l’exactitude. Si le document a plusieurs auteurs, plusieurs versions circulent et plus personne ne sait laquelle fait foi.
Dans une TPE, la feuille de route tient en une demi-page et couvre six mois. Trois lignes suffisent : les tâches, l’outil et la règle des données, la formation. La décision de fin de trimestre se prend entre le dirigeant et la personne qui utilise le plus l’outil. L’exercice garde son intérêt même à cinq salariés, parce qu’il oblige à choisir deux ou trois tâches au lieu d’essayer un peu de tout.
Dans une PME, le modèle s’applique tel quel. Le point à surveiller est le temps du référent : ses quatre heures hebdomadaires doivent être inscrites dans sa charge.
Dans une ETI ou un groupe, il faut deux niveaux : une feuille de route commune (outil, règles, formation du socle, calendrier réglementaire) et une feuille de route par entité ou par direction, qui choisit ses vagues. Le niveau commun fixe ce qui ne se discute pas localement, et les entités gardent la main sur l’ordre des services. L’horizon peut passer à dix-huit mois, avec la même revue trimestrielle.
Une feuille de route détaillée sur douze mois donne une impression de sérieux, et elle sera dépassée avant l’été. Détaillez le trimestre qui vient, esquissez le suivant, laissez les deux derniers à l’état d’intentions.
L’achat groupé de licences pour tous les salariés paraît plus simple. Il fait payer des accès inutilisés, sature les référents et rend la mesure difficile, puisque tout change en même temps.
Dans notre exemple, le budget complet représente plus de cinq fois le montant des licences. Les heures de formation, de réunion et d’accompagnement existent, qu’on les compte ou non. Les inscrire permet de les protéger.
Sans liste des sujets écartés, chaque service défend son projet à chaque réunion. Une ligne « pas cette année » en bas de page, avec la date à laquelle le sujet sera réexaminé, calme le jeu.
C’est un document daté d’une page, qui répartit sur douze mois les actions d’un déploiement de l’IA dans l’entreprise : services équipés, règles, formation, mesure et décisions de fin de trimestre. Il traduit la stratégie en calendrier.
La stratégie dit pourquoi l’entreprise utilise l’IA et ce qu’elle en attend. La feuille de route dit dans quel ordre et à quelles dates. La première tient en quelques phrases et change peu. La seconde est révisée chaque trimestre.
Douze mois pour une PME, six mois pour une TPE, jusqu’à dix-huit mois pour une ETI ou un groupe. Plus loin, à notre avis, les outils et les prix changent trop vite pour que le calendrier reste crédible. Seul le trimestre à venir est détaillé.
Le référent principal, avec les responsables des services concernés. La direction la valide. Le document n’a qu’un seul rédacteur, pour qu’il n’en existe qu’une version.
Il dépend du nombre de salariés équipés et du rythme des vagues. Dans notre exemple de 85 salariés, dont 50 équipés en fin d’année, les licences représentent 9 825 € HT et le temps interne 42 120 €, hors achat de formation. Refaites le calcul avec vos effectifs et vos coûts.
À chaque fin de trimestre, lors de la revue du groupe de pilotage, et à chaque événement qui change le calendrier : changement d’outil, nouvelle obligation, réorganisation d’un service. Chaque mise à jour donne une version datée.
Une feuille de route IA réussie se résume à peu de choses : une page, six lignes, quatre trimestres et quatre dates de décision. Le premier test a montré que l’IA générative pouvait aider un service, et la feuille de route organise la suite. Écrivez le premier trimestre en détail, laissez le dernier presque vide, et tenez les dates de décision.
Si vous préparez votre première vague ou la suivante, nous pouvons construire avec vous une formation à l’IA générative planifiée avec votre feuille de route, service par service.

20 octobre 2026
Intelligence Artificielle – IA


20 octobre 2026
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