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Le 24 mars 2026, un message de trois lignes sur X a mis fin à l’outil de vidéo IA le plus médiatisé de la décennie : OpenAI disait au revoir à Sora. L’application et le site ont fermé le 26 avril, l’API s’arrête le 24 septembre 2026, et les données seront supprimées ensuite. Deux ans après la démonstration de février 2024 qui avait forcé Google, Runway et tous les autres à accélérer, l’entreprise quitte la vidéo générative pour la robotique et les outils de productivité. Cet article n’est plus un tutoriel. Il explique ce qui s’est passé et pourquoi, ce qu’il reste de Sora à la date d’aujourd’hui, comment exporter vos vidéos avant qu’elles ne disparaissent, ce que vous pouvez encore en faire, et ce que cette fermeture apprend à quiconque choisit un outil de vidéo IA.
Il complète notre guide complet des générateurs vidéo IA, qui décrit le marché après Sora et vers lequel renvoie la section sur les solutions de remplacement.
En bref
Sora a vécu vingt-six mois, et chaque étape explique la suivante.
Février 2024 : OpenAI publie des clips de démonstration d’une minute, d’un réalisme jamais vu. Personne ne peut l’essayer, mais tout le marché se réorganise : Google accélère Veo, Runway sort Gen-3, Kling et Pika gagnent en légitimité par contraste.
Décembre 2024 : ouverture au public pour les abonnés ChatGPT Plus et Pro, avec des limites de durée et de résolution qui déçoivent par rapport à la démonstration.
30 septembre 2025 : Sora 2, avec son natif et une application sociale sur mobile, un flux de vidéos à la façon de TikTok. Le lancement est massif : 9,6 millions de téléchargements, un pic en novembre 2025.
Décembre 2025 : Disney annonce un investissement d’un milliard de dollars et une licence de trois ans sur plus de deux cents personnages. L’accord est présenté comme un tournant. Il ne sera jamais signé.
Janvier et février 2026 : les téléchargements chutent de 45 % puis de 66 % par rapport au pic, les utilisateurs quotidiens reculent d’un tiers. La nouveauté est passée, les coûts restent.
24 mars 2026 : « We’re saying goodbye to Sora. » Le message est publié sur X, l’application retirée des boutiques, Disney confirme la fin de la collaboration le jour même. OpenAI notifie les développeurs de la date de fin de l’API.
26 avril 2026 : fin de l’application et du site. La génération de vidéo dans ChatGPT s’éteint en parallèle, note Pantome.
24 septembre 2026 : fin de l’API Sora 2 et Sora 2 Pro. Après cette date et une éventuelle fenêtre d’export finale, suppression des données.
OpenAI n’a donné aucune explication détaillée. Les chiffres qui ont circulé et les déclarations de ses dirigeants dessinent trois causes qui se renforcent.
Le coût. Générer dix secondes de vidéo coûtait à OpenAI bien plus que ce que les abonnements rapportaient. Les estimations relayées par la presse spécialisée parlent de quinze millions de dollars de calcul par jour au pic, pour un revenu cumulé de l’ordre de deux millions. À 0,75 $ la seconde en API, Sora était cinq à sept fois plus cher que Kling ou Veo pour une qualité que ceux-ci avaient rattrapée. Une application sociale gratuite, où chaque utilisateur génère pour le plaisir, ne peut pas porter ce coût.
L’usage. L’application a connu un pic en novembre 2025 puis une chute rapide : 45 % de téléchargements en moins en janvier, 66 % en février, un tiers d’utilisateurs quotidiens en moins. L’effet de nouveauté s’est dissipé, et la vidéo IA de divertissement n’a pas trouvé son public au-delà des premières semaines.
La stratégie. Sam Altman a redit début 2026 que l’avenir d’OpenAI était dans la robotique et les agents de productivité. Le communiqué de fermeture parle de réallocation des ressources de calcul vers le code et les clients entreprise. La vidéo ne servait plus ce cap, et les procès en cours dans l’image et la musique, ainsi que les questions de droits soulevées par un flux social de vidéos générées, n’ont pas plaidé pour elle.
L’accord Disney illustre le retournement. Annoncé en décembre 2025, un milliard de dollars et deux cents personnages sous licence, il aurait donné à Sora ce que ses concurrents n’avaient pas, un catalogue autorisé. Disney a confirmé le 24 mars que l’opération n’avait jamais été finalisée : aucun versement, aucune perte, un partenariat qui n’a pas existé.
Sora disparaît. Ce qu’il a introduit reste, chez ses concurrents.
La démonstration de février 2024 a fixé le niveau d’exigence : des plans d’une minute, cohérents, avec une physique crédible. Personne n’y était, tout le monde s’y est mis. Veo, Runway et Kling ont rattrapé ce niveau en dix-huit mois, et l’ont dépassé sur la durée et le prix.
Le son natif de Sora 2, en septembre 2025, arrivait après Veo 3 mais avec un flux social qui en a montré l’usage : des scènes courtes où le dialogue fait la blague. Aujourd’hui, un générateur sans son natif est en retard.
Les caméos, cette fonction qui permettait de s’insérer soi-même, ou un ami consentant, dans une vidéo générée, ont posé la question du consentement à l’échelle grand public. Les outils d’avatars et les règles de transparence de l’AI Act en ont hérité.
La provenance. Sora signait ses vidéos avec des métadonnées C2PA et un filigrane visible. Cette pratique est devenue la norme, et c’est en partie grâce à Sora que les plateformes d’écoute et de diffusion savent aujourd’hui reconnaître un contenu généré.
L’échec du modèle social. C’est l’apport le moins glorieux et le plus utile : Sora a prouvé qu’une application de vidéo IA gratuite pour le divertissement ne se finance pas. Les acteurs qui restent vendent à des professionnels, et c’est pour cela qu’ils restent.
Peu de choses, et pour peu de temps.
L’API, jusqu’au 24 septembre. Les modèles sora-2 et sora-2-pro et l’API Videos restent appelables jusqu’à cette date pour les développeurs qui y avaient accès. Après, plus rien. Les « API Sora inversées » qui circulaient hors des canaux officiels sont devenues inutilisables depuis le premier trimestre 2026, signale Apiyi, et n’ont jamais été une option sérieuse.
L’export, tant qu’il est ouvert. La page sora.chatgpt.com/sunset permet de demander un export de tout ce que vous avez créé. OpenAI n’a pas garanti de fenêtre finale après la fermeture ; s’il y en a une, elle sera annoncée par e-mail. La consigne officielle est d’exporter dès maintenant.
Les crédits. Les crédits ChatGPT ou Sora achetés et non utilisés peuvent servir dans Codex, l’outil de code d’OpenAI. Pour un remboursement, OpenAI renvoie à sa procédure de remboursement d’abonnement.
La génération vidéo dans ChatGPT. Éteinte avec l’application. ChatGPT ne génère plus de vidéo, et OpenAI n’a annoncé aucun successeur.
Vos vidéos exportées. Elles restent à vous, avec les droits que les conditions d’utilisation vous accordaient au moment de la génération, et leur filigrane de provenance. Ce point est détaillé plus bas.
Comptez dix minutes pour lancer l’export, puis un délai d’attente qui dépend de votre volume, sachant qu’OpenAI n’a pas garanti de fenêtre finale après la fermeture et que la seule chose certaine est la suppression définitive des données une fois les délais passés. Faites-le aujourd’hui.
Connectez-vous sur sora.chatgpt.com avec le compte OpenAI que vous utilisiez. L’application et la génération sont fermées, mais la page de fin de service reste accessible tant que l’export est ouvert.
Rendez-vous sur sora.chatgpt.com/sunset, ou sora.chatgpt.com/exports/me selon la version affichée, et cliquez sur Exporter. Une seule demande couvre l’ensemble de votre bibliothèque : vidéos, images, et les métadonnées associées.
L’export est traité en file d’attente. Vous recevez un e-mail à l’adresse de votre compte quand l’archive est prête, avec un lien de téléchargement limité dans le temps. Surveillez aussi les indésirables.
Téléchargez l’archive, ouvrez-la, comptez. Comparez avec ce que vous aviez dans votre bibliothèque. Si des éléments manquent, relancez un export tant que la page est ouverte.
Renommez les fichiers par projet et par date, et joignez, quand vous les avez, les prompts qui ont servi. Une vidéo IA sans son prompt est difficile à refaire ailleurs ; avec, vous pourrez la régénérer sur un autre outil.
Deux copies, deux emplacements. Après la suppression des données côté OpenAI, il n’y aura plus de recours. C’est la règle pour tout outil de génération, et Sora en est la démonstration.
Trois questions reviennent chez ceux qui avaient produit des contenus avec Sora.
Puis-je continuer à les utiliser ? Oui. Les conditions d’utilisation d’OpenAI vous attribuaient les droits sur les sorties que vous avez générées, dans les limites habituelles : pas d’usage trompeur, pas de représentation de personnes réelles sans accord, respect des règles des plateformes de diffusion. La fermeture du service ne retire pas ces droits sur ce que vous avez déjà créé. Une vidéo de formation produite en janvier reste diffusable en septembre.
Le filigrane reste-t-il ? Oui. Les vidéos Sora portent un filigrane visible sur l’application grand public et des métadonnées de provenance C2PA. Ne cherchez pas à les retirer : elles signalent le contenu comme synthétique, ce que l’AI Act impose depuis le 2 août 2026 pour les contenus qui représentent des personnes ou des scènes réalistes. Un filigrane d’un outil disparu reste une preuve de bonne foi.
Puis-je les modifier ailleurs ? Oui. Une vidéo exportée s’importe dans n’importe quel outil de montage, et dans les outils d’édition de vidéo existante des générateurs actuels, qui peuvent changer un décor, prolonger un plan ou en modifier le style. Notre guide de Runway décrit ce type d’édition. Mais vous ne pourrez plus régénérer une variante « à la Sora » : le modèle n’existe plus.
Pour une équipe technique qui avait intégré Sora dans un outil ou un pipeline, le compte à rebours est court. Quatre étapes.
Inventoriez les appels : quels services appellent sora-2 ou sora-2-pro, à quelle fréquence, pour quels formats.
Choisissez un modèle cible selon l’usage. Pour le réalisme et le son natif, l’API de Google Veo 3.1 ; pour le volume et le prix, Kling 3.0 ou les modèles de ByteDance et d’Alibaba, Seedance 2.0 et Wan 2.7, cités par Apiyi comme prêts pour la production ; pour passer par une seule intégration, une plateforme intermédiaire qui expose plusieurs modèles.
Adaptez les prompts. Sora acceptait des descriptions narratives longues ; la plupart des modèles actuels préfèrent un prompt court, un mouvement de caméra nommé, un sujet et une action. Testez vos dix prompts les plus utilisés sur le modèle cible avant de basculer.
Comparez le coût réel. Sora facturait 0,75 $ la seconde ; Veo 3.1 Fast en facture 0,10 à 0,15, Kling autour de 0,10. La migration coûte du temps d’intégration et fait baisser la facture de calcul. Notre article sur Google Veo détaille l’accès par l’API.
Trois cas. Selon ce que vous faisiez avec Sora, la suite ne se ressemble pas.
Le créateur qui publiait sur l’application sociale. Exportez tout, aujourd’hui, avec les prompts que vous retrouvez. Votre audience Sora n’est pas transférable ; vos vidéos, si. Republiez-les sur vos autres canaux avec leur filigrane, et testez un outil de vidéo sociale à prix bas pour la suite, en gardant à l’esprit qu’aucun n’a de flux social intégré : la diffusion se fera sur les plateformes existantes.
L’équipe formation ou communication qui produisait des séquences. Exportez, rangez par module, et vérifiez que chaque vidéo diffusée porte une mention de contenu synthétique. Pour les prochaines séquences, la question n’est pas de trouver « un autre Sora » mais de choisir par usage : réalisme et son, contrôle du plan, ou volume. Un test d’une heure sur deux outils, avec vos trois prompts les plus utilisés, suffit à décider.
Le développeur qui intégrait l’API. Le calendrier est le plus court : le 24 septembre, les appels échouent. Inventoriez, choisissez un modèle cible, adaptez les prompts, comparez le coût. Et cette fois, isolez l’appel au modèle derrière une couche d’abstraction, pour que le prochain changement de fournisseur soit une ligne à modifier et non une migration.
Dans les trois cas, le réflexe commun : un dossier par projet avec les fichiers, les prompts et les réglages, hors du cloud du fournisseur. Sora l’a rappelé à tout le monde, et ce sera la dernière chose qu’il aura enseignée.
Sora est le premier grand outil de vidéo IA à fermer. Ce ne sera pas le dernier, et sa fin donne cinq critères de pérennité que nous ajoutons désormais à toute évaluation d’outil en formation.
Le modèle économique. Un outil gratuit ou presque, qui génère des contenus lourds pour le divertissement, brûle plus qu’il ne gagne. Préférez les outils dont les clients paient pour un usage professionnel.
La place dans la stratégie de l’éditeur. Sora n’était pas le cœur d’OpenAI. Veo est au cœur de la stratégie de Google, Kling de celle de Kuaishou, Runway de la sienne. Un produit périphérique se ferme plus facilement.
La courbe d’usage. Un pic suivi d’une chute rapide, visible dans les classements de téléchargements, annonce souvent un arbitrage. Sora a chuté de 66 % en trois mois avant l’annonce.
Les droits. Un outil sans licences sur ses données d’entraînement ni accord avec les ayants droit porte un risque juridique qui pèse sur sa survie. L’accord Disney non finalisé a laissé Sora sans ce filet.
La sortie. Un outil qui permet d’exporter ses fichiers, ses prompts et ses réglages à tout moment laisse une porte. Sora l’a laissée jusqu’au bout ; d’autres, dans la musique, l’ont fermée. Vérifiez la sortie avant d’entrer.
Ces cinq critères ne remplacent pas le test de qualité. Ils s’y ajoutent, et c’est ce cadrage que Proactive Academy formalise avec les équipes qui choisissent leurs outils vidéo.
Cet article n’est pas un comparatif, et notre guide complet des générateurs vidéo IA fait ce travail outil par outil. Le principe tient en trois lignes. Si vous utilisiez Sora pour le réalisme et le son, Google Veo 3.1 en est le remplaçant le plus direct. Si vous l’utilisiez pour le contrôle d’une scène, Runway. Si vous l’utilisiez pour le volume et le prix, Kling ou Hailuo. Et si vous l’utilisiez pour vous amuser dans l’application sociale, rien ne l’a remplacé, et c’est précisément pour cette raison qu’il a fermé.
Non pour l’application et le site, fermés le 26 avril 2026. L’API reste accessible aux développeurs jusqu’au 24 septembre 2026, puis s’arrête. Après une éventuelle fenêtre d’export finale, OpenAI supprimera toutes les données liées à Sora.
Aucune explication officielle détaillée. Les éléments connus : des coûts de calcul sans rapport avec les revenus, une chute des téléchargements de 66 % entre novembre 2025 et février 2026, et un recentrage d’OpenAI sur la robotique, le code et les clients entreprise. L’accord Disney annoncé en décembre 2025 n’a jamais été finalisé.
Sur sora.chatgpt.com/sunset, cliquez sur Exporter ; vous recevez un e-mail quand l’archive est prête. OpenAI recommande de le faire dès maintenant et n’a pas garanti de fenêtre finale après la fermeture. Sauvegardez ensuite hors du cloud d’OpenAI, avec vos prompts.
Oui. Les droits sur vos sorties, accordés par les conditions d’utilisation au moment de la génération, ne disparaissent pas avec le service. Les limites habituelles restent : pas d’usage trompeur, pas de personne réelle sans accord, filigrane et métadonnées de provenance à conserver.
Les crédits ChatGPT ou Sora achetés et non utilisés peuvent servir dans Codex, l’outil de code d’OpenAI. Pour un remboursement, OpenAI renvoie à sa procédure de remboursement d’abonnement.
Non. La génération vidéo dans ChatGPT s’est éteinte avec l’application Sora, et OpenAI n’a annoncé aucun successeur. Pour générer une vidéo, il faut un autre outil.
Migrer avant le 24 septembre 2026 : inventorier les appels, choisir un modèle cible selon l’usage (Veo pour le réalisme, Kling ou les modèles de ByteDance et d’Alibaba pour le volume), adapter les prompts, qui doivent être plus courts, et comparer le coût réel, nettement inférieur à celui de Sora.
Rien ne l’indique. OpenAI a présenté la fermeture comme un choix stratégique et a redéployé les ressources de calcul ailleurs. Un retour demanderait un modèle économique que Sora n’a pas trouvé.
Sora a ouvert l’ère de la vidéo IA et l’a quittée le premier. Notre conviction : sa fermeture n’est pas un échec de la technologie, c’est un échec du modèle qui la portait, et elle laisse un marché plus mûr, où les outils qui restent ont des clients qui paient et des raisons de durer. Exportez vos vidéos aujourd’hui, avec leurs prompts ; migrez votre API avant le 24 septembre ; et ajoutez la pérennité à vos critères de choix, à côté de la qualité et du prix. Pour une équipe, la leçon dépasse Sora : un outil de génération se choisit avec sa porte de sortie. Proactive Academy accompagne les équipes qui doivent changer d’outil vidéo IA sans perdre leur production, de l’export à la migration des prompts.

29 septembre 2026
Intelligence Artificielle – IA


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