Tome IA : ce qui s’est passé, et comment ne pas perdre vos présentations



Tome IA a été l’un des outils les plus commentés de la première vague des générateurs de présentations : une interface élégante, des diaporamas produits à partir d’une phrase, et une croissance rapide. Puis, le 30 avril 2025, le produit a fermé. Les utilisateurs qui n’avaient pas exporté leurs documents les ont perdus définitivement. Cet épisode vaut bien au-delà du cas Tome : il pose une question que se pose rarement une équipe au moment de s’abonner à un outil en ligne, celle de savoir ce qu’il adviendra de son travail si le service s’arrête. Cet article raconte ce qui s’est passé, puis donne la méthode pour protéger vos supports, quel que soit l’outil que vous utilisez.
Cet article fait partie de notre guide de la présentation IA.
Réponse courte : Tome IA existe-t-il encore ? Non, pas comme outil de présentation. Tome a fermé son produit de diaporamas le 30 avril 2025, l’entreprise expliquant ne pas avoir trouvé de modèle économique viable pour les présentations IA grand public. L’équipe a réorienté son activité vers la vente sous une autre marque, et le nom Tome a été racheté. Les présentations non exportées avant la fermeture ont été perdues.
En bref
| Étape | Ce qui s’est passé |
|---|---|
| 2022 | Lancement de Tome, générateur de présentations à partir d’une consigne, remarqué pour son interface et sa narration |
| Début 2023 | Croissance record : selon Forbes, l’outil de productivité le plus rapide à atteindre un million d’utilisateurs |
| 2023-2024 | Environ 25 millions d’utilisateurs et 80 millions de dollars levés auprès d’investisseurs de premier plan |
| Fin 2024 | Le fondateur conclut que le produit ne trouvera pas son marché auprès des professionnels |
| Mars 2025 | Décision de fermeture : l’équipe passe d’environ 70 personnes à six (Forbes) |
| 30 avril 2025 | Fin du produit de présentations ; les documents non exportés deviennent inaccessibles |
| Novembre 2025 | L’équipe lance une activité entièrement différente, tournée vers les métiers commerciaux (VentureBeat) |
| 2026 | Aucune feuille de route de reprise des fonctions de présentation |
L’explication tient dans un écart de chiffres. Selon Forbes, le chiffre d’affaires annuel plafonnait autour de trois millions de dollars pour vingt-cinq millions d’utilisateurs, majoritairement des étudiants et de petites structures restés sur des offres gratuites ou à une dizaine de dollars par mois. L’entreprise ajoute une seconde raison : son outil n’était pas connecté aux données des professionnels, et manquait donc du contexte nécessaire pour produire des présentations vraiment utiles en entreprise.
Ce que ça a coûté aux utilisateurs. Les témoignages publiés après la fermeture décrivent tous la même situation : des équipes qui découvrent l’annonce tardivement, un délai court pour réagir, et des documents impossibles à récupérer une fois la date passée. Les plus touchés sont ceux qui avaient le plus investi dans l’outil, en y construisant leur charte et leurs modèles.
Ce que ça dit du marché. Les générateurs de présentations consomment des ressources à chaque demande, ce qui explique les systèmes de crédits que l’on retrouve chez la plupart des acteurs actuels. Un outil très généreux sans contrepartie financière claire pose donc la question de sa pérennité, quel que soit son nombre d’utilisateurs. C’est d’ailleurs le paradoxe de cette histoire : le produit marchait, l’entreprise disposait encore d’une part importante de ses fonds, et la fermeture a malgré tout été jugée préférable.
Parce que vos supports vivent ailleurs que chez vous. Une présentation créée dans un outil en ligne n’est pas un fichier sur votre ordinateur : c’est une entrée dans la base de données d’un éditeur. Si le service ferme, votre travail part avec lui, sauf si vous l’avez exporté.
Parce que le rythme du secteur s’accélère. Entre rachats, changements de nom et arrêts de produits, plusieurs outils d’IA ont changé de nature en deux ans. Un assistant d’écriture connu est devenu une suite sous un autre nom, un générateur vidéo a abandonné son nom d’origine, et une fonction de tableur a été retirée quelques mois après son lancement.
Parce que le coût caché dépasse largement l’abonnement. Ce qui disparaît quand un outil ferme, c’est le temps investi : les supports construits, la charte configurée, les modèles maison, l’historique des versions.
Parce que la question se pose aussi pour vos obligations. Un organisme de formation doit pouvoir présenter ses supports lors d’un audit. Si ces supports n’existent que dans un outil en ligne fermé du jour au lendemain, la démonstration devient compliquée.
Aucun n’est une preuve, mais leur accumulation doit vous alerter.
Le produit n’évolue plus. Plus de nouveautés depuis six à douze mois, une page de nouveautés silencieuse, un blog à l’arrêt.
Le support répond mal ou tard. Délais qui s’allongent, réponses automatiques, forums sans modération.
Le modèle économique change brutalement. Gratuité supprimée, quotas réduits, prix qui grimpent : souvent le signe d’une recherche urgente de rentabilité.
L’entreprise communique sur un autre marché. Quand l’éditeur parle surtout d’un nouveau produit destiné à un autre public, le vôtre n’est plus la priorité.
Des départs visibles dans l’équipe. Fondateurs qui annoncent un autre projet, offres d’emploi qui disparaissent.
Un rachat sans engagement clair. Une acquisition peut sécuriser un produit comme elle peut préparer sa fermeture : ce qui compte, c’est l’engagement public sur la continuité.
Ce qu’il faut faire quand plusieurs signaux s’accumulent : exporter l’ensemble de vos supports importants dans le mois, sans attendre une annonce officielle. Les délais laissés aux utilisateurs sont souvent courts.
Un signal à interpréter avec prudence : une levée de fonds ou un rachat rassurent en apparence, mais ne disent rien de la continuité du produit que vous utilisez. Tome disposait encore d’une part importante des 80 millions levés au moment de fermer son outil : une entreprise bien financée peut parfaitement décider d’abandonner une ligne de produits pour se concentrer sur une autre.
Ne cherchez pas d’abord un remplaçant : commencez par sortir vos contenus. Exportez tout ce qui compte dans les formats les plus universels disponibles, généralement PowerPoint et PDF. En cas de doute sur les délais, faites-le le jour où vous apprenez la nouvelle.
Deux précisions pratiques : exportez dans les deux formats quand c’est possible, le PDF garantissant le rendu et le PowerPoint permettant de retravailler ; et n’oubliez pas les supports partagés par un lien à des clients ou à des apprenants, qui cesseront de fonctionner à la fermeture, souvent sans prévenir les destinataires.
Un export n’est utile que s’il est exploitable. Ouvrez plusieurs fichiers, vérifiez les polices, les images, les graphiques et les mises en page. Notez ce qui sera à refaire : c’est cette liste qui déterminera le temps de migration.
La charte (codes couleur, polices, logo), les modèles maison, les textes réutilisables et, si l’outil le permet, les statistiques de consultation. Consignez-les dans un document simple, indépendant de tout outil.
Tous vos supports n’ont pas la même valeur. Classez-les en trois catégories : ceux à reprendre à l’identique, ceux à refondre, et ceux à abandonner. La plupart des équipes découvrent que la troisième catégorie est la plus grande.
C’est le moment d’appliquer une méthode de choix, plutôt que de reprendre le premier outil recommandé sur les réseaux. Notre article Outil IA : comment choisir les bons détaille les cinq critères à évaluer, et nos guides Gamma et Beautiful.ai présentent deux approches différentes du marché.
Reconfigurez votre charte dans le nouvel outil, reconstruisez d’abord vos trois ou quatre supports les plus utilisés, et écrivez une courte procédure interne : où sont les fichiers d’origine, quand exporter, qui en est responsable.
Trois habitudes suffisent, et prennent quelques minutes par mois.
Exporter les supports importants dès leur validation. Un support diffusé à un client, un module de formation, une présentation institutionnelle : dès qu’il est finalisé, un export PowerPoint ou PDF va dans votre espace de stockage habituel. Ce réflexe résout 90 % du problème.
Conserver la matière d’origine. Le document source, les chiffres, les notes qui ont servi à construire le support. Avec la matière, un support se reconstruit rapidement ; sans elle, tout est à refaire.
Documenter la charte en dehors de l’outil. Un fichier d’une page avec les codes couleur, les noms de polices et le logo en haute définition. C’est ce qui vous permet de reconfigurer n’importe quel outil en dix minutes.
Une quatrième habitude, pour les équipes : désigner une personne responsable de l’archivage, avec un rendez-vous trimestriel de vérification. Sans responsable désigné, cette tâche n’est faite par personne.
Où ranger ces exports ? Dans l’espace de stockage que votre organisation utilise déjà, avec une arborescence simple : un dossier par année, un sous-dossier par type de support, et un nom de fichier qui contient la date et la version. L’objectif n’est pas de bâtir une bibliothèque parfaite, mais de pouvoir retrouver un support en moins d’une minute, deux ans plus tard, sans dépendre d’un abonnement.
L’export dans un format standard. Vérifiez qu’il existe, à quel niveau d’abonnement, et surtout testez-le dès le premier support. Un export annoncé mais inexploitable ne protège de rien.
Un modèle économique lisible. Un outil qui facture clairement, par abonnement ou par crédits, a plus de chances de durer qu’un service très généreux sans contrepartie visible.
L’ancienneté et la taille. Un éditeur installé, avec des clients entreprise et un historique de plusieurs années, présente moins de risques qu’un service lancé il y a six mois. Aucune garantie là-dedans, seulement une probabilité plus favorable.
La cohérence du produit. Un éditeur concentré sur son cœur de métier est plus prévisible qu’un service qui change de public tous les ans.
Les engagements contractuels. Pour un usage professionnel, regardez ce que prévoient les conditions en cas d’arrêt du service : durée de préavis, possibilité de récupérer les données, sort des contenus.
L’indépendance de vos contenus. Le meilleur critère reste celui-ci : si vous pouvez travailler demain sans cet outil, en repartant de vos exports, alors le risque est maîtrisé.
Comment tester ces six critères en dix minutes : créez un support d’essai, exportez-le en PowerPoint, ouvrez le fichier sur un autre poste, puis regardez la page des nouveautés de l’éditeur et la date de la dernière mise à jour. Ces deux gestes disent déjà l’essentiel sur la solidité de la sortie et sur la vitalité du produit.
Pour un organisme de formation, la question dépasse le confort de travail.
La traçabilité. Les supports remis aux apprenants font partie des éléments qu’un organisme doit pouvoir présenter. Des supports enfermés dans un outil en ligne qui ferme deviennent difficiles à produire lors d’un contrôle.
La continuité pédagogique. Une session programmée dans trois semaines suppose des supports disponibles. Un archivage régulier, dans un format lisible par n’importe quel logiciel, évite l’improvisation.
Les engagements auprès des financeurs. Les programmes et les supports décrits dans un dossier doivent correspondre à ce qui est réellement dispensé, et rester consultables.
Les liens partagés aux apprenants. Si vous diffusez vos supports par un lien plutôt que par un fichier, ce lien disparaît avec l’outil. Pour une session terminée, cela signifie que vos apprenants perdent l’accès à leurs ressources : prévoyez systématiquement une version téléchargeable.
La règle simple : tout support utilisé en formation existe aussi sous forme de fichier, dans votre espace de stockage, avec sa date et sa version. L’outil de création peut changer, la trace reste.
Une consultante indépendante. Elle a construit vingt supports clients dans un outil en ligne, avec sa charte et ses modèles. Le jour où le service annonce sa fermeture, elle dispose de trois semaines. Sa priorité : exporter les cinq supports qu’elle réutilise en rendez-vous, retrouver ses sources, et reconstruire uniquement ceux-là. Les quinze autres, liés à des missions terminées, sont archivés en PDF et ne seront pas repris.
Un organisme de formation. Ses supports pédagogiques servent à des sessions programmées et doivent pouvoir être présentés lors d’un contrôle. La démarche est inverse : exporter d’abord la totalité, en PDF pour la trace et en PowerPoint pour le travail, puis reconstruire les modules à venir dans les deux mois, en commençant par ceux dont la session est la plus proche.
Une équipe commerciale de six personnes. Le risque principal n’est pas la perte des fichiers, mais l’hétérogénéité : sans outil commun, chacun repart avec son propre style. La priorité devient la charte, à reconfigurer immédiatement dans le nouvel outil, et une bibliothèque de slides validées pour que tout le monde reparte de la même base.
Le point commun aux trois : la première décision n’est pas le choix du remplaçant, mais le tri entre ce qu’il faut sauver, ce qu’il faut archiver et ce qu’il faut abandonner.
Plutôt qu’une liste d’outils qui sera dépassée dans six mois, trois orientations selon votre besoin :
Notre guide de la présentation IA détaille ces trois approches et la méthode pour passer d’un document à un diaporama.
Non. Le produit de présentations de Tome a fermé le 30 avril 2025, après une décision prise en mars de la même année qui a ramené l’équipe d’environ 70 personnes à six. L’entreprise a ensuite réorienté son activité vers un autre marché, et le nom Tome a été racheté par une autre société. Aucune reprise des fonctions de présentation n’est annoncée.
Non, si elles n’ont pas été exportées avant la fermeture. Les utilisateurs qui n’avaient pas téléchargé leurs documents les ont perdus définitivement. Si vous avez conservé des exports PDF ou PowerPoint, vous pouvez les rouvrir et les retravailler dans n’importe quel outil ; les fichiers issus d’un export restent utilisables même si le service d’origine n’existe plus.
Parce que le nombre d’utilisateurs ne suffit pas quand le service coûte cher à faire tourner. Selon Forbes, l’entreprise réalisait environ trois millions de dollars de revenus annuels pour vingt-cinq millions d’utilisateurs, majoritairement gratuits ou abonnés à une dizaine de dollars par mois. Chaque génération de diaporama consomme aussi des ressources de calcul facturées à l’éditeur. C’est ce qui explique les systèmes de crédits adoptés par les outils actuels.
Cela dépend de votre besoin : génération rapide à partir d’une consigne, rendu homogène pour des documents d’entreprise, ou IA incluse dans votre suite bureautique. Testez sur un support réel, vérifiez l’export vers PowerPoint dès le premier essai, et appliquez une méthode de choix plutôt que de suivre une recommandation générale.
Trois habitudes suffisent : exporter chaque support important dès sa validation, conserver la matière d’origine (documents, chiffres, notes), et documenter votre charte dans un fichier indépendant. Dans une équipe, désignez une personne responsable de l’archivage et prévoyez une vérification trimestrielle.
Non. Les outils récents apportent souvent les fonctions les plus utiles, et attendre qu’un service ait dix ans reviendrait à se priver de l’essentiel du marché. La bonne approche consiste à mesurer votre dépendance : tant que vos supports existent aussi sous forme de fichiers exportés et que votre charte est documentée ailleurs, essayer un outil récent ne présente qu’un risque limité. Ce qui coûte cher, ce n’est pas d’essayer, c’est de tout confier à un seul service sans filet.
Plusieurs signaux méritent attention : absence de nouveautés pendant six à douze mois, support qui répond mal, changement brutal du modèle économique, communication de l’éditeur centrée sur un autre marché, départs visibles dans l’équipe. Aucun n’est décisif seul, mais leur accumulation justifie d’exporter vos supports sans attendre.
Ils cessent de fonctionner à la fermeture du service, en général sans que les destinataires soient prévenus. Un client qui rouvre votre proposition trois mois plus tard tombe alors sur une page d’erreur, ce qui donne une mauvaise image. Pour les documents importants, envoyez une pièce jointe en PDF plutôt qu’un simple lien, ou conservez le lien pour la consultation immédiate et le fichier pour l’archive.
Ils présentent moins de risques d’arrêt brutal, parce qu’ils s’appuient sur des produits installés depuis longtemps et que vos fichiers restent dans des formats standard. Cela ne les rend pas immunisés : des fonctions sont régulièrement retirées, comme cela s’est produit pour une fonction d’IA dans les cellules d’un tableur en 2026. La règle reste la même : gardez vos fichiers.
Au final, l’histoire de Tome IA n’est pas celle d’un mauvais outil, mais celle d’un produit apprécié qui n’a pas trouvé son modèle. Ce qui doit rester, c’est la leçon : un support de présentation qui n’existe que dans un service en ligne n’est pas vraiment à vous. Exportez ce qui compte, gardez vos sources, documentez votre charte, et choisissez vos outils en vérifiant d’abord la sortie, pas seulement l’entrée. Pour installer ces réflexes dans votre organisation, notre parcours IA générative pour choisir et utiliser vos outils dans la durée, certifié Qualiopi et finançable par votre OPCO, part de vos outils et de vos supports réels.

28 septembre 2026
Intelligence Artificielle – IA


28 septembre 2026
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