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Le 8 juillet 2025, le Conseil de déontologie journalistique et de médiation (CDJM) a rendu son premier avis sur un usage de l’intelligence artificielle. En cause : une image générée, publiée sans mention, qui montrait Steve Jobs en colère. Le grief d’inexactitude a été jugé fondé.
L’IA pour les journalistes est encadrée depuis 2023 par trois textes de référence. Nous faisons le point sur ce qu’ils permettent, sur ce qu’ils demandent de signaler au public et sur ce qu’ils proscrivent.
Nous prolongeons ici notre guide IA et métiers et renvoyons, pour l’obligation légale de marquage, à notre décryptage de l’article 50 de l’AI Act.
En bref
Le lecteur n’a pas attendu les rédactions. L’étude de l’Arcom Les Français et l’information, dont la deuxième édition a paru en janvier 2026, le mesure : 37 % des Français utilisent des outils d’IA conversationnelle pour s’informer, dont 12 % tous les jours.
L’écart entre les générations est net. La proportion atteint 68 % chez les moins de 25 ans et 52 % chez les 25-34 ans. Elle tombe à 41 % chez les 35-59 ans, puis à 18 % au-delà de 59 ans.
Ces chiffres viennent d’une enquête d’Ipsos bva menée du 16 juin au 23 juillet 2025 auprès de 3 377 Français de 15 ans et plus. Un détail intéresse directement les médias. Parmi ceux qui s’informent avec l’IA, 15 % consultent systématiquement les liens vers les sources que l’outil fournit, et 32 % le font souvent. Moins d’un utilisateur sur deux remonte donc régulièrement jusqu’aux sources. Pour un média, cela signifie qu’une partie de ses lecteurs découvre son travail résumé par une machine, sans jamais ouvrir l’article. C’est notre lecture de ce chiffre.
Les rédactions s’équipent elles aussi. Dans une étude sur le modèle économique de l’information réalisée en 2025 pour l’Arcom et le ministère de la Culture, 52 producteurs d’information ont répondu à un questionnaire. Près de la moitié déclarent utiliser l’IA pour assister la rédaction.
Le cadre s’est écrit en moins de six mois. Trois textes le composent.
| Texte | Auteur | Date | Ce qu’on y trouve |
|---|---|---|---|
| Journalisme et intelligence artificielle : les bonnes pratiques | CDJM | Adopté le 3 juillet 2023 | Trois niveaux d’usage, avec des exemples pour chacun |
| Charte de Paris sur l’IA et le journalisme | Commission réunie à l’initiative de Reporters sans frontières | 10 novembre 2023 | Dix principes pour les médias |
| Lignes directrices sur la mise en œuvre responsable de systèmes d’IA dans le journalisme | Conseil de l’Europe | 30 novembre 2023 | Six sections, de la décision d’utiliser l’IA à l’achat d’un outil |
Le CDJM fonde ses avis sur trois chartes de déontologie, dont la plus ancienne date de 1918. Sa recommandation en applique les principes à l’IA.
La Charte de Paris a une portée internationale. Elle a été rédigée par une commission de 32 personnalités issues de 20 pays, présidée par la journaliste Maria Ressa, prix Nobel de la paix 2021. Reporters sans frontières l’a présentée avec 16 organisations partenaires.
Le texte du Conseil de l’Europe s’adresse aux organes d’information comme aux États et aux fournisseurs de technologies. Il a été adopté par son comité directeur sur les médias et la société de l’information.
Ces trois textes ont environ trois ans, et les outils ont changé depuis. Le CDJM l’avait prévu : sa recommandation, écrit-il, est susceptible d’être mise à jour au vu de l’évolution accélérée des pratiques. À notre avis, elle reste la plus utile au quotidien, parce qu’elle classe des usages concrets.
Le CDJM répartit les usages selon le risque qu’ils font courir à l’information.
Le premier niveau regroupe des usages qui, selon le texte, « n’ont pas d’impact sur l’information délivrée au public ». Ils peuvent être discutés en interne, mais ne doivent pas forcément être notifiés au lecteur, à l’auditeur ou au téléspectateur. La recommandation en donne huit exemples. La seconde colonne du tableau est la nôtre.
| Usage cité par le CDJM | Ce que nous conseillons de relire |
|---|---|
| Correction orthographique et grammaticale d’un texte avant publication | Les noms propres et les citations, que le correcteur « rectifie » parfois |
| Traduction automatisée de textes à des fins de documentation préalable | Les chiffres, les titres de fonction, les faux amis |
| Transcription d’enregistrements pour en extraire des citations | Chaque citation retenue, en réécoutant le passage |
| Brouillons de publications pour les réseaux sociaux | Le titre et le chiffre mis en avant |
| Idées de titres optimisés pour le référencement | La fidélité du titre au contenu de l’article |
| Aide au repérage et au choix des informations qui circulent sur les réseaux sociaux | L’origine de chaque information repérée |
| Analyse et synthèse de dossiers complexes lors de recherches préparatoires | Les passages du dossier qui fondent la synthèse |
| Vérification d’affirmations en temps réel, avec des outils utilisés en interne | La source primaire, que l’outil ne remplace jamais |
La règle tient en une phrase : s’il a recours à ces services, « le journaliste vérifie et valide toujours les éléments générés avant qu’ils soient éventuellement utilisés dans une production ».
Tout se joue là. Une transcription automatique fait gagner du temps, mais elle peut confondre des noms ou laisser tomber une négation. La citation publiée, elle, engage le journal. Cette remarque est la nôtre.
Le deuxième niveau concerne des usages qui « peuvent avoir un impact sur l’information publiée ou diffusée ». Ils doivent rester sous la responsabilité directe des éditeurs et des journalistes, et être signalés de façon explicite au public.
Le CDJM cite là encore huit exemples. Quatre portent sur les textes : la traduction automatisée d’articles publiés dans une langue étrangère, les résumés d’articles ou d’éléments audiovisuels, les versions en français simplifié, le classement d’articles par mots-clés. Quatre autres relèvent de l’automatisation : la synthèse vocale, la mise à jour d’un contenu en fonction de nouvelles données, la synthèse factuelle de résultats électoraux, le compte rendu technique d’une rencontre sportive. Le regroupement en deux familles est le nôtre.
Le critère de la mention est précis. Elle doit apparaître « à chaque fois que le contenu publié ou diffusé n’est pas essentiellement le résultat de l’activité de cerveaux humains ». Les sources de données doivent être mentionnées. Un contenu ne peut être diffusé automatiquement que si les journalistes ont pu connaître et maîtriser les informations utilisées à l’origine et les étapes du traitement.
Les deux autres textes retiennent un critère voisin, celui de l’impact. Le cinquième principe de la Charte de Paris demande de révéler toute utilisation de l’IA ayant un impact significatif sur la production ou la distribution de contenus journalistiques. Le Conseil de l’Europe recommande aux organes d’information de divulguer, aux personnes concernées comme au public, « quand et de quelle manière ils emploient des systèmes d’IA ».
Reste à choisir les mots. Le CDJM n’impose pas de formule pour les textes, et précise seulement que le nom des outils employés et les requêtes utilisées peuvent aussi être indiqués. Nous conseillons une mention courte, placée en fin d’article, qui précise ce que l’outil a fait et par qui le texte a été relu : « Résumé produit avec un outil d’IA et relu par la rédaction », par exemple.
Les images forment un cas à part. Dessins, illustrations, vues d’artiste, reconstitutions : quand des visuels sont générés, « il ne doit être laissé aucun doute sur leur caractère artificiel ». En pratique, la légende porte une formule du type « image générée par une IA ». En vidéo, une marque visible le signale pendant toute la durée du plan.
Le même niveau couvre deux situations d’organisation. Quand la rédaction fait développer ses propres outils, les journalistes sont associés au projet de la conception à la livraison. Quand un système personnalise l’information proposée à chaque lecteur, éditeurs et rédactions s’assurent qu’il n’entre pas en conflit avec la ligne éditoriale.
Le troisième niveau est court. Le CDJM y range des usages qu’il juge, de façon intrinsèque, incompatibles avec la déontologie journalistique.
Le premier touche à l’image et au son. Le journaliste, écrit le CDJM, « n’utilise pas d’outils d’IA pour générer des images, des sons ou des vidéos dont le réalisme risque de tromper le public » ou de le laisser dans l’ambiguïté. La recommandation ajoute une phrase qui ne dépend d’aucune technologie : « Avec ou sans intelligence artificielle, la publication d’un faux est une faute déontologique majeure. »
Elle ferme aussi une échappatoire. Il ne suffit pas, précise-t-elle, d’ajouter en légende ou en commentaire que la photo diffusée est une image synthétique : « cette information peut en effet échapper à une part importante des lecteurs ou téléspectateurs ».
Une exception est prévue. De tels visuels peuvent illustrer un sujet qui porte sur la création et la circulation de ces fausses images. La bonne pratique est alors d’y ajouter une mention visible et explicite.
Le second concerne le texte. Les contenus générés en intégralité par des outils d’IA ne peuvent être publiés ou diffusés sans contrôle éditorial. Éditeurs et rédactions en sont responsables au même titre que des productions humaines, et leur diffusion passe par des étapes de relecture et de validation.
La Charte de Paris dit la même chose en deux principes. Le quatrième s’intitule « Les médias sont toujours responsables du contenu qu’ils publient ». Le septième demande au journalisme d’établir une distinction claire entre les contenus authentiques et les contenus synthétiques.
La règle a trouvé son premier cas concret en 2025. Le CDJM l’a présenté dans une note du 26 août 2025.
Les faits sont simples. Le 1er mars 2025, le site Jeuxvideo.com publie un article sur le rapport de la génération Z à la ponctualité, dont le titre invoque Steve Jobs. L’illustration, en pleine largeur, montre un homme très en colère, reconnaissable comme le cofondateur d’Apple. L’image a été générée par une IA. Dans la version que le CDJM capture le 5 mars, rien ne l’indique.
Interrogée par le CDJM, la rédaction répond le 19 mars. Elle a ajouté la mention « Image générée par IA » et mis en place une procédure pour éviter ce type d’oubli.
L’avis, adopté le 8 juillet 2025, ne s’en contente pas. Le CDJM y applique la phrase de sa recommandation : une mention en légende ne suffit pas, puisqu’elle peut échapper à une part importante des lecteurs. Le grief d’inexactitude est déclaré fondé. Celui d’atteinte à la dignité ne l’est pas : montrer quelqu’un en colère, y compris après son décès, n’est pas en soi une atteinte à la dignité. La saisine est jugée partiellement fondée, par 19 voix contre 6.
Nous en retenons deux leçons. Une image réaliste d’une personne réelle relève du troisième niveau, et une légende ne la fait pas redescendre au deuxième. Le vote, lui, montre que la frontière se discute encore : six membres ont voté contre.
Les trois niveaux se ramènent à trois questions, à poser dans cet ordre. Le schéma est notre lecture de la recommandation.
La première porte sur l’image, le son et la vidéo. Un élément généré peut-il passer pour une prise de vue ou un enregistrement réel ? Si oui, il ne se publie pas, sauf dans un sujet consacré aux faux.
La deuxième porte sur la part de la machine. Le contenu est-il, pour l’essentiel, le résultat d’un travail humain ? Si la réponse est non, le public en est informé et les sources de données sont citées.
La troisième vaut pour tous les cas, y compris ceux du premier niveau, où aucune mention n’est attendue mais où la règle de vérification s’applique sans exception. Un journaliste a-t-il vérifié et validé ce qui va paraître ? Sans cette validation, rien ne sort.
Nous conseillons d’afficher ces trois questions au secrétariat de rédaction. Elles tiennent sur une demi-page et évitent de rouvrir le débat à chaque bouclage.
Le Conseil de l’Europe a, à nos yeux, la formule la plus juste. Il faut, écrit-il, « dûment vérifier les textes automatisés, même s’ils sont bien écrits et ont l’air plausibles ». Un texte généré se lit sans accroc, et c’est ce qui le rend dangereux pour un relecteur pressé.
Le premier risque est l’invention. Une date, une citation, une référence de décision de justice peuvent être fabriquées de toutes pièces. Notre article hallucinations de l’IA : vérifier les réponses donne une méthode de contrôle qui s’applique telle quelle à une rédaction.
Le second vient de l’extérieur. Des images, des voix et des vidéos fabriquées peuvent arriver par les réseaux sociaux ou les messageries. Deux de nos articles aident à s’y préparer : reconnaître un deepfake et détecter une image générée par IA.
Le CDJM répond par un principe. Le respect de la déontologie, écrit-il, conduit à privilégier le réel, c’est-à-dire le travail des photojournalistes et des autres témoins de terrain. Il demande des légendes plus explicites et des crédits plus visibles, avec le lieu et la date de la prise de vue, et invite les rédactions à suivre les projets d’authentification technique des photos. La Charte de Paris a un principe voisin, le sixième : les médias garantissent l’origine et la traçabilité des contenus.
Les trois chartes sur lesquelles s’appuie le CDJM comportent la même règle. La Charte d’éthique professionnelle des journalistes la formule ainsi : le journaliste « garde le secret professionnel et protège les sources de ses informations ».
La recommandation de 2023 ne dit rien, en revanche, de ce que l’on saisit dans un outil d’IA. C’est son angle mort. À notre lecture, la règle des chartes suffit à trancher : un nom de source, un document non publié ou l’enregistrement d’un témoin protégé n’ont rien à faire dans un outil dont la rédaction ne maîtrise pas l’hébergement.
Le Conseil de l’Europe fournit de quoi interroger un fournisseur. L’annexe de ses lignes directrices est une liste récapitulative en vue de l’achat d’un système d’IA. Elle pose entre autres trois questions. Où les données seront-elles stockées ? Les contenus de l’organe d’information seront-ils réutilisés pour entraîner le système, et à quelles fins ? Les données seront-elles effacées des serveurs si le média change de fournisseur ?
Pour aller plus loin, notre grille d’audit pour choisir un outil d’IA reprend ces points, et notre article sur la fuite de données avec ChatGPT montre comment une information quitte une organisation.
Le droit européen traite la même question. L’article 50 du règlement européen sur l’IA comporte deux obligations qui concernent les médias. La Commission européenne indique que ces règles de transparence s’appliquent à partir d’août 2026.
La première vise les hypertrucages. Celui qui utilise un système d’IA pour générer ou manipuler des images, des sons ou des vidéos constituant un hypertrucage indique que ces contenus ont été générés ou manipulés par une IA.
La seconde vise les textes publiés dans le but d’informer le public sur des questions d’intérêt public. Ils doivent eux aussi être signalés, avec une exception qui intéresse la presse. L’obligation ne s’applique pas lorsque le contenu a fait l’objet d’un processus d’examen humain ou de contrôle éditorial et qu’une personne physique ou morale assume la responsabilité éditoriale de la publication.
Le droit et la déontologie ne se recouvrent donc pas tout à fait. Un texte relu et assumé par une rédaction échappe à l’obligation légale de marquage. Il reste soumis à la règle déontologique de la mention, dès que la part humaine n’est plus l’essentiel. C’est notre lecture des deux textes. L’article 50 a été retouché en juillet 2026 : le détail figure dans notre guide de l’article 50 de l’AI Act.
Le Conseil de l’Europe répond à la première question sans détour. La décision de mettre en œuvre des systèmes d’IA en journalisme « est une décision de la rédaction », et il devrait y avoir au sein de l’organe d’information une personne expressément désignée pour en assumer la responsabilité.
La Charte de Paris va dans le même sens. Son deuxième principe demande aux médias de donner la priorité à l’humain. Le troisième soumet les systèmes d’IA à une évaluation préalable et indépendante.
Une règle écrite aide à tenir cette ligne. Selon le CDJM, les rédactions peuvent encadrer l’usage des requêtes par des règles internes. Notre article sur la charte d’usage de l’IA en entreprise propose une trame, à compléter par les trois niveaux de la recommandation.
La formation vient ensuite. Le CDJM « encourage les journalistes et les rédactions à se former aux outils d’IA », pour comprendre ce qu’ils produisent et identifier leurs risques, leurs biais et leurs limites. Le Conseil de l’Europe constate que travailler avec ces systèmes exige souvent des compétences qui vont au-delà de la formation actuelle des journalistes. Il recommande une formation continue de tout le personnel, dirigeants compris.
Reporters, secrétaires de rédaction, iconographes, équipes numériques : chacun est concerné. C’est l’intérêt d’une formation commune : former vos journalistes à l’IA générative, de la requête à la relecture. Pour la rédaction des requêtes, voir aussi nos 50 prompts ChatGPT essentiels.
À ne pas confondre avec un agent IA : les usages décrits ici reposent sur un assistant qui répond à une demande à la fois. Un outil qui surveille seul des sources, rédige une alerte puis la publie enchaîne plusieurs étapes sans intervention : il relève des agents. Ce sujet est traité dans notre formation aux agents IA.
Un dernier sujet dépasse la rédaction. Les articles d’un média peuvent servir à entraîner les modèles et à alimenter leurs réponses.
Le dixième principe de la Charte de Paris en fait un sujet de négociation : le journalisme défend ses fondements éthiques et économiques dans ses relations avec les sociétés fournisseuses d’IA. Le CDJM pose la question dès son préambule, en demandant comment assurer une juste rémunération des auteurs et des éditeurs dont les contenus alimentent les corpus des IA génératives.
Le sujet relève du droit d’auteur et des droits voisins. Nous le traitons dans notre article droit d’auteur et IA, et dans celui sur les droits d’auteur des images IA pour l’iconographie.
Voici l’ordre que nous conseillons.
La troisième étape est celle qui évite les crises. Une formule de mention arrêtée à l’avance épargne les discussions de dernière minute, et une liste écrite de ce qui ne se saisit jamais protège les sources mieux qu’un rappel oral. Le cas de l’image de Steve Jobs le montre : la rédaction mise en cause a créé sa procédure après la saisine.
La cinquième donne la mesure réelle du gain. Notre estimation : un mois suffit pour savoir si le temps gagné à la transcription n’est pas repris par la relecture.
D’autres professions ont écrit leurs règles. Voir nos articles IA pour les avocats et IA pour les médecins.
Oui, pour les usages que le CDJM classe à risque faible : corriger un texte, traduire un document pour se documenter, transcrire un entretien, préparer une synthèse. La condition est de vérifier et de valider ce que l’outil produit. À notre lecture, les chartes de déontologie interdisent d’y saisir ce qui permettrait d’identifier une source.
Pas toujours. Les usages à risque faible ne doivent pas forcément être notifiés. La mention devient nécessaire, selon le CDJM, chaque fois que le contenu publié n’est pas essentiellement le résultat de l’activité de cerveaux humains : un résumé automatique, une traduction publiée, une voix de synthèse.
Oui pour un dessin, une illustration ou une reconstitution, si aucun doute ne subsiste sur son caractère artificiel et si la légende l’indique. Non pour une image dont le réalisme risque de tromper le public. Dans son avis du 8 juillet 2025, le CDJM a jugé qu’une légende ne suffit pas dans ce second cas.
Pas sans contrôle éditorial. Le CDJM range parmi les usages à proscrire la publication de contenus générés en intégralité sans ce contrôle. Avec une relecture et une validation par un journaliste, le texte peut paraître, accompagné d’une mention.
Non. La transcription d’enregistrements figure parmi les exemples d’usages à risque faible, qui ne doivent pas forcément être notifiés au public. Chaque citation retenue doit en revanche être vérifiée par le journaliste avant publication.
Son article 50 impose de signaler les hypertrucages et les textes générés publiés pour informer le public sur des questions d’intérêt public. L’obligation ne s’applique pas à un texte qui a fait l’objet d’un contrôle éditorial et dont une personne assume la responsabilité éditoriale.
Le média. La Charte de Paris l’énonce dans son quatrième principe, et le CDJM écrit que les éditeurs et les rédactions sont responsables des contenus générés au même titre que des productions humaines.
L’IA pour les journalistes tient dans une règle que la profession a écrite elle-même : l’outil prépare, le journaliste vérifie, la rédaction signe. Les trois niveaux du CDJM donnent la méthode, la Charte de Paris rappelle la responsabilité, et le règlement européen a fait de la transparence une obligation. Notre conviction est que la confiance du public se joue sur la mention et sur l’image, plus que sur le choix de l’outil. Le premier pas est simple. Écrivez votre règle, testez deux usages du premier niveau et comptez les erreurs rattrapées. Pour installer ces réflexes dans toute l’équipe, voyez notre formation à l’IA générative pour les équipes éditoriales.

14 octobre 2026
Intelligence Artificielle – IA


14 octobre 2026
Intelligence Artificielle – IA


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