


Pour qu’un apprenti s’épanouisse et devienne un professionnel chevronné, il est nécessaire de l’encadrer avec un suivi particulier. Voici les conseils d’Anne-Céline Ribadeau-Dumas, formatrice chez Proactive Academy, pour optimiser le tutorat de son apprenti(e). Pour une vue d’ensemble du tutorat en entreprise, consultez aussi notre article sur la définition du tutorat. Un suivi régulier bien mené est aussi le meilleur moyen d’éviter un tutorat qui se passe mal — la prévention vaut toujours mieux que la correction.
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| Pilier | Fréquence recommandée | Outil clé |
|---|---|---|
| Fixer des objectifs SMART | Au démarrage + tous les 3 mois | Plan de progression |
| Évaluer les acquis | Lors de chaque mission rendue | Grille A/B/C/D |
| Garder une trace | Mise à jour hebdomadaire | Tableau de suivi |
| Articuler avec le CFA | Mensuel | Carnet de liaison |
Un suivi régulier, ce n’est pas un suivi rigide. C’est un cadre qui donne du sens à la mission de l’alternant et qui permet de réagir vite quand une compétence ne progresse pas.
L’alternance s’effectue dans le cadre de la préparation d’un diplôme et les missions du jeune en entreprise comptent dans l’obtention de cette certification. Toutes ses activités doivent donc se traduire par une appréciation et une note qui, à la fin du parcours, reflètent ce qui s’est déroulé pendant tout l’apprentissage (qui peut aller jusqu’à trois ans) – et pas seulement durant les derniers mois. Pour faciliter cette évaluation, l’entreprise doit mettre en place un suivi régulier de l’apprenti.
Pour former un jeune, il faut savoir ce que l’on veut lui transmettre et ce que l’on va lui demander pendant son alternance, que ce soit en termes de compétences ou d’attitude. Les exigences de l’entreprise diffèrent de celles de l’école : il s’agit de pratiques, de connaissances et de comportements acquis en situation réelle de travail. Pour mettre en place un suivi régulier efficace, il est donc indispensable de bien sélectionner les connaissances que l’apprenti devra assimiler. Cette préparation s’inscrit en continuité de la phase d’accueil et d’intégration de l’alternant qui pose les premières bases du parcours. À l’inverse, un suivi mal cadré ou défaillant peut faire basculer la situation vers un tutorat qui se passe mal. »
Pour un apprentissage optimal, le responsable doit fixer des objectifs clairs et appropriés au parcours de l’apprenti : un objectif fixé en début d’année n’aura pas la même ampleur qu’un objectif de fin d’alternance. De la même manière, il est important de fixer différents objectifs pour les deux heures qui arrivent, pour la semaine ou pour les trois mois à venir.
En bref, chaque objectif doit être SMART :
Spécifique – un objectif n’est pas le même pour deux personnes différentes ;
Mesurable – le résultat de l’objectif est vérifiable après sa réalisation ;
Adapté – l’objectif est cohérent avec le niveau de l’apprenti ;
Réaliste – l’objectif est établi en fonction des compétences de l’apprenti ;
Temporel – l’objectif tient compte de la période pendant laquelle il est réalisé.
Les exercices réalisés dans un contexte professionnel permettent de constater la façon dont l’apprenti évolue dans cet environnement. Pour cela, le tuteur et l’équipe encadrante doivent évaluer le jeune en respectant sa progression. Même si cela peut sembler évident, il est nécessaire d’évaluer des compétences qu’il maîtrise déjà et non celles qu’il est en train d’acquérir. Cela permet de passer à l’étape suivante en fixant de nouveaux objectifs à l’apprenti.
Afin d’évaluer la progression de l’apprenti, il est recommandé de créer un tableau dans lequel inscrire des comportements (capacité d’analyse, interactions avec les collègues…) ou des savoir-faire (logiciels, outils…) à examiner. Le tuteur peut alors noter le nom de la compétence dans la colonne de gauche puis, à intervalles réguliers, procéder à une appréciation rapide, à l’aide d’une lettre. Par exemple, A signifierait « acquis », B « en cours d’acquisition », C « a besoin d’aide sur cet élément » et D « ne maîtrise pas du tout la compétence ». Pour aller plus loin sur les méthodes pédagogiques associées à ces évaluations, consultez notre article sur la transmission des compétences en tant que tuteur.
Pour assurer un suivi régulier et efficace de l’apprenti, l’entreprise se doit de connaître les référentiels de la formation suivie en centre de formation. Elle peut ainsi aiguiller le jeune pour qu’il fasse des liens entre les activités sur place et les cours de son établissement, ce qui améliore les processus d’acquisition des connaissances. Pour structurer cette dimension école-entreprise, consultez notre article dédié sur la relation entre le tuteur et le CFA.
L’arrivée de l’IA générative en 2026 transforme la façon de structurer le suivi d’un apprenti. Trois usages concrets peuvent être mis en place dès aujourd’hui :
À noter : l’IA est un outil, pas un substitut au regard humain. La relation tuteur-tutoré reste fondamentalement humaine. Mais l’IA libère du temps cognitif pour mieux investir dans cette relation.
En France, l’employeur a plusieurs obligations envers l’apprenti, notamment :
Découvrez aussi 7 bonnes raisons de se former à l’accueil d’un alternant !
Vous savez désormais l’essentiel pour assurer le suivi régulier d’un apprenti ! Pour aller plus loin, la formation tuteur de Proactive Academy vous permettra de travailler sur vos objectifs et tableaux de bord personnalisés. Les formateurs vous transmettront leur savoir sur les différents types de progression des jeunes, le suivi quotidien et les exercices d’évaluation. Ils disposent de nombreux exemples et de repères précis pour formuler une évaluation juste et objective !
Merci à Anne-Céline Ribadeau-Dumas, formatrice Proactive Academy, d’avoir partagé son expérience sur le sujet.
Le rythme recommandé est : un point hebdomadaire structuré de 30 à 45 minutes (souvent en début ou fin de semaine) + des micro-points quotidiens informels les premières semaines. Au-delà de 3 mois d’autonomie, on peut espacer à un point bi-mensuel. L’erreur classique : ne faire qu’un point trimestriel, ce qui laisse trop de temps à l’écart pour s’installer.
Comptez 3 à 5 heures par semaine en moyenne, réparties entre les temps formels (entretiens, supervision de missions) et informels (questions courantes, feedbacks à chaud). Ce temps doit être officiellement reconnu par l’employeur via une lettre de mission tuteur.
Non. L’évaluation en entreprise est formative (au service de la progression), pas sommative (au service de la notation). Les évaluations chiffrées formelles relèvent de l’école et de la soutenance finale. La grille A/B/C/D présentée ici est un outil de pilotage interne, pas une note officielle.
Trois pistes à explorer : 1) le diagnostic initial est-il juste ? Avez-vous surestimé ses prérequis ? 2) Les objectifs sont-ils suffisamment SMART, ou trop flous ? 3) Y a-t-il un blocage personnel ou motivationnel à investiguer en entretien individuel ? Si le problème persiste, impliquer rapidement le tuteur pédagogique de l’école pour un point à 3.
L’école nomme un tuteur pédagogique qui réalise généralement 1 à 2 visites annuelles en entreprise. Entre ces visites, le carnet de liaison (souvent dématérialisé) permet d’échanger sur la progression. Le tuteur entreprise est responsable du suivi opérationnel quotidien, l’école valide les acquis pédagogiques globaux.
Ponctuellement oui (tuteur de compétences, manager, collègue référent). Sur le long terme, non — la continuité du suivi par un référent unique est essentielle pour l'apprenant. En cas d'absence prolongée du tuteur (congé maternité, mobilité interne), il faut désigner formellement un nouveau tuteur, ce qui suppose une mise à jour du Cerfa auprès de l'OPCO.
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